Au mois d’avril 2025 nous nous sommes rendus en Belgique pour la suite du travail sur la lutte contre les discours d’extrême droite, dans le cadre du chantier initié par le Cnajep en 2022.
Les Ceméa France sont investis dans ce chantier du Cnajep depuis le départ, avec la volonté d’ouvrir les réflexions à l’échelle européenne.
Après deux séjours en Italie pour observer les démarches et pratiques mises en place par les partenaires italiens dans le contexte du gouvernement d’extrême droite de Georgia Meloni, nous avons souhaité nous rendre en Belgique afin d’observer ce qui est mis en place dans une région où l’extrême droite est très peu présente, la Wallonie.
Ce séjour s’est déroulé dans le cadre de nos mobilités Erasmus+, et nous avons été accueillis par nos camarades des Ceméa belges.
Ainsi, les objectifs de ce séjour étaient :
- Comprendre le contexte belge et avoir des éléments d’information et analyse sur le cordon sanitaire (politique / médiatique / associatif)
- Partager nos réflexions et travaux avec des acteur·ices belges
- Construire une stratégie de mobilisation collective à partir de l’observation de ce qui est fait en Belgique,et des éléments d’argumentation (à partir de l’observation de ce qui fait écho avec les réalités françaises)
- S’entraîner à répondre et communiquer pour la défense des valeurs fondamentales face à la montée des idées des extrêmes droites.
Le groupe de participant·es était constitué de salarié·es et bénévoles d’associations d’éducation populaire ou de mouvements d’éducation nouvelle, membres du consortium de mobilité des Ceméa. Une partie du groupe travaille ensemble sur ces questions depuis déjà 3 ans (au sein du parcours LIED du Cnajep), tandis qu’une autre partie intégrait pour la première fois ce groupe de réflexion.
Vous trouverez dans cet article quelques éléments issus de nos échanges avec les acteur·ices belges rencontrés.
Sommaire :
Qui porte les idées des extrêmes droites en Belgique?
Le cordon sanitaire politique
La responsabilité sociale et démocratique des médias (cordon sanitaire médiatique)
Le cordon sanitaire associatif et éducatif


Qui porte les idées des extrêmes droites en Belgique ?
Pour mieux comprendre le paysage politique belge, nous avons rencontré Benjamin Biard, docteur en sciences politiques et chercheur au sein du Centre de recherche et d’Information Politique (CRISP). Le CRISP est un organisme indépendant qui a pour objectif de donner au public les clés d’explication du fonctionnement du système socio-politique de la Belgique (y compris du cadre européen), par de l’analyse et des publications diverses.
Définition de l’extrême droite
Selon Benjamin Biard, l’extrême droite correspond à la fois une idéologie, une vision de la société et à un programme d’action, qu’il faudrait appliquer pour arriver à la vision idéologique.
Cette idéologie repose sur trois éléments fondamentaux :
– L’inégalitarisme : accorde une importance aux différences qu’il existe entre les personnes dans une vision profondément inégalitaire.
– Nationalisme (qui peut être régionaliste ou communautariste) : c’est la « poursuite d’un objectif d’homogénéité (raciale, ethnique ou civilisationnelle)sur un territoire »
– Radicalisme : remet en question le socle de valeur des démocraties libérales contemporaines et la démocratie en tant que régime politique.
Tous les partis actuellement d’extrême droite dans le monde ne cochent pas nécessairement chaque critère car ils utilisent les manières de faire « démocratiques », mais tous portent pour autant en eux une remise en cause de l’État de droit, de l’équilibre des pouvoirs et des droits humains .
Pour aller plus loin sur ce point : Benjamin BIARD , « Ce dont l’extrême droite est le nom », Les @nalyses du CRISP en ligne, 25 mars 2024, www.crisp.be. https://www.crisp.be/crisp/wp-content/uploads/analyses/AL2024-08.pdf )
L’extrême droite en Belgique
En Belgique, l’extrême droite est bien moins puissante qu’en France, il n’y a d’ailleurs qu’une seule municipalité dans tout le pays dirigée par un élu d’extrême droite.
La situation est différente du côté francophone et néerlandophone.
En Flandre, le parti Vlaams Belang, créé en 1979 est bien implanté et structuré. Aux élections fédérales de juin 2019, ils sont le deuxième parti du pays. Néanmoins, ils n’avaient jamais réussi à exercer le pouvoir effectivement, jusqu’à l’élection du bourgmestre (maire) de Ninove en 2024.
En Belgique francophone, le Front National, créé en 1985 à l’image de celui français, a disparu en 2012. Depuis, plusieurs partis lui ont succédé, sans tenir sur la durée ni exercer des responsabilités. Le dernier en date est le parti Chez Nous, créé en 2021, qui n’a pas obtenu de très bon scores aux différentes élections de 2024.
Si les partis d’extrême droite sont peu puissants en Belgique francophone, les idées des extrêmes droites se diffusent tout de même dans les discours de certaines personnalités politiques de droite traditionnelle mais aussi plus globalement dans la population.
Le cordon sanitaire politique
Le cordon sanitaire politique correspond au refus pour les partis politiques démocratiques belges de toute collaboration avec une formation ou un mouvement anti-démocratique. Ceci prend son sens au vu du mode de scrutin proportionnel à l’œuvre en Belgique, imposant la création d’une coalition entre partis pour gouverner. Le cordon sanitaire signifie donc pour les mouvements d’extrême droite l’impossibilité d’accéder au pouvoir exécutif.
Il y a en réalité plutôt des cordons qu’un seul, puisqu’il est mis en place pour la première fois en Flandre en 1989, et n’arrive en Wallonie qu’en 1993.
C’est Jos Geysels, ancien secrétaire du parti écologiste, qui propose le cordon sanitaire politique après les élections communales de 1988 durant lesquelles le Vlaams Blok (aujourd’hui Vlaams Belang) a eu de très bon résultats. Une première version d’accord politique est signée en 1989 par cinq grands partis flamands. En 1991, il y a une percée significative du Vlaams Blok (ce jour est appelé le dimanche noir), et sous la pression de la société civile l’accord est revu, en lien avec la mise en place d’un cordon sanitaire médiatique.
En 2002, ce protocole prend la forme d’une Charte de la Démocratie signée par les cinq principaux partis belges, qui a été renouvelée en 2022.
Si ce cordon sanitaire politique a jusqu’à maintenant empêché effectivement l’intégration à un gouvernement de membres de partis d’extrême droite, selon Benjamin Biard, il est régulièrement remis en cause tant par les partis politiques que par la société civile.
Ressources sur le cordon sanitaire politique :
Notice du CRISP mise à jour en 2024, disponible en ligne https://www.vocabulairepolitique.be/cordon-sanitaire/
La responsabilité sociale et démocratique des médias ou « Cordon sanitaire médiatique »
Nous avons rencontré Jean Pierre Jacqmin, Directeur de l’information à la RTBF ainsi que Simon Pierre De Coster, Directeur juridique et Aurélie Didier, directrice territoriale adjointe de l’information, pour nous éclairer sur la « responsabilité sociale et démocratique » des médias, communément appelée « cordon sanitaire médiatique ».
En quoi consiste la responsabilité sociale et démocratique des média ?
Il s’agit pour les médias publics belges francophones de ne pas donner la parole en direct ou en débat à des « mouvements ou partis qui tiennent des propos ou portent un programme liberticide, discriminatoire, ou qui entre en contradiction avec les lois réprimant le racisme, le sexisme, la discrimination ou le négationnisme ».
C’est après le « dimanche noir », en 1991, jour de la progression spectaculaire dans les urnes du Vlaams Blok (ancêtre du Vlamms Belang), que la direction de la RTBF décide de ne pas donner de tribune médiatique à des personnalités d’extrême droite.
Cela fait suite à un questionnement sur ses responsabilités en tant que média, et les répercussions prévisibles de la diffusion de l’information sur la société.
Pour justifier de cette position auprès de la population, mais surtout auprès les tribunaux devant lesquels ils sont assignés par les partis en question, la RTBF s’appuie sur le droit via :
- Les statuts de la RTBF de 1977 qui indiquent que l’information doit être objective, pluraliste et que la RTBF ne peut pas diffuser de propos discriminatoires.
- La loi du Pacte culturel du 16 juillet 1973, qui indique que les citoyen·nes doivent pouvoir participer à la gestion de la culture publique, via la société civile organisée, dans la mesure où l’organisation accepte les principe de la démocratie.
Deux textes à caractère légal ont été rédigés ultérieurement pour définir un cadre :
- Une Recommandation, adoptée en 2011 par le Conseil de déontologie journalistique. Celle-ci se fonde sur la Convention européenne des droits de l’Homme de 1950 qui rend contraignant certains droits énoncés dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. L’article 10 de la CEDH consacre la liberté d’expression, et son article 14 condamne toute discrimination.
- Le code de la déontologie journalistique de 2013
Concrètement comment cela fonctionne ?
Chaque rédaction a la responsabilité d’identifier les mouvements concernés et de décider s’il faut leur appliquer la procédure du « cordon sanitaire ». Pour cela, la rédaction de la RTBF s’appuie sur une analyse des discours et des programmes et demande aussi des avis extérieurs comme par exemple à des politologues (notamment du CRISP).
Une fois l’identification faite, la rédaction doit en avertir le public et communiquer ses raisons.
Ensuite, il ne s’agit pas d’invisibiliser totalement les mouvements en question, mais bien d’appliquer à leurs déclarations un véritable traitement journalistique : recoupement, vérification, mise en perspective et en contexte, selon les principes déontologiques fondamentaux du journalisme.
Ressources sur le cordon sanitaire médiatique :
Une petite histoire du cordon sanitaire belge, Mathieu Deslandes, publié le 17 janvier 2025 sur Ina La revue des médias, disponible ligne : https://larevuedesmedias.ina.fr/extreme-droite-belgique-cordon-sanitaire
LA « CLAUSE DE RESPONSABILITÉ SOCIALE ET DÉMOCRATIQUE »10 questions et un peu d’histoire pour comprendre le « cordon sanitaire médiatique », 7 juillet 2023, disponible en ligne : https://www.lecdj.be/wp-content/uploads/CDJ-Clause-de-responsabilite-sociale-et-democratique_le-cordon-sanitaire-me%CC%81diatique-en-10-questions-7-juillet-2023_final.pdf
Le site du conseil déontologique journalistique qui reprend toutes les recommandations : https://www.lecdj.be/fr/deontologie/recommandations-directives/
Qu’en retire-t-on pour notre groupe de travail ?
Il a été marquant pour nous de constater que les journalistes publics belges sont un réel garde fou des institutions démocratiques, privilégiant la contextualisation au journalisme d’opinion, et s’assurant de la conformité de tout ce qui est relayé sur leurs canaux avec les droits humains.
Nous avons été interpellé·es par l’utilisation du mot liberticide par nos interlocuteur·ices de la RTBF. Les personnalités d’extrême droite internationales confisquent actuellement l’utilisation du mot « Liberté », en prônant une liberté d’expression débridée et sans condition, et en entretenant une confusion entre les mots libertés, libertaires et libertariens. Reposer le fait que les partis et les idées des extrêmes droites sont fondamentalement liberticides et anti-démocratique paraît dès lors essentiel.
Nous retenons également la puissance de s’appuyer sur le droit pour pouvoir légitimer nos actions contre ces discours haineux. La Convention Européenne des droits de l’Homme s’applique également en France, et plusieurs de nos lois interdisent les discriminations, cela pourrait être un point de départ dans nos stratégies futures.
Le cordon sanitaire éducatif et associatif
Plusieurs acteur·ices de l’éducation permanente ont pu nous parler des actions qu’ils et elles mettent en place pour les lutter contre les idées des extrêmes droites. Le tissu associatif belge et le monde de l’éducation permanente constituent un cordon sanitaire qui passe par la mise en place d’espaces de dialogues, d’actions d’éducation et de sensibilisation, pour combattre la montée des idées des extrêmes droites.
L’association d’éducation populaire Peuple et Culture (PEC) met en place des cafés anti-fascistes pour créer du lien social, du débat et lutter contre l’isolement. Les formats et les sujets de ces cafés peuvent être très variés, dans un objectif de décloisonner la lutte anti-fasciste.
PEC a également créé un outil pédagogique sous forme de jeux de plateau, Clair Obscur, qui vise à faire vivre la culture démocratique. Ce jeux est adapté au contexte belge mais peut aussi être utilisé en France, après une formation délivrée par PEC.
L’association Barricades, qui est à la fois une association d’éducation populaire, un café, et une librairie, propose des activités socio-culturelles et produit de la documentation pour lutter contre la désinformation.

Territoire de la Mémoire, a pour objet « le travail de mémoire, pour sensibiliser aux dangers actuels des idéologies haineuses et encourager la résistance et l’engagement citoyen en faveur d’une société démocratique, libre et solidaire. ». Ils proposent notamment un parcours mémoriel immersif, « Plus jamais ça ! » pour faire le lien entre des éléments historiques de la seconde guerre mondiale et des actions de résistances face aux discours haineux possibles actuellement. Cela fait écho à la première année du parcours « Lutte contre les idées des extrêmes droites » du Cnajep.
Territoires de la Mémoire publie également une revue trimestrielle et des dossiers pédagogiques.
Enfin, nous avons parlé du front anti-fasciste de Liège, qui regroupe de nombreuses structures qui s’investissent toutes de manière différentes. Un des temps clé de l’année est le Festi’fal, un festival qui met en valeur la dimension sociale et culturelle de l’action anti-fasciste.
La résistance à la montée des actes et des idées d’extrême droite est multidimensionnelle. Elle peut se faire :
- contre des partis ou des institutions qui auraient des pratiques discriminatoires
- contre les mouvements et groupuscules activistes d’extrêmes droite
- contre les idées discriminantes, liberticides, de replis sur soi et de haine
- pour plus de solidarité et des imaginaires désirables
La lutte des associations d’éducation permanente passe majoritairement par les deux derniers points évoqués.
Selon les personnes rencontrées, le cordon sanitaire associatif passe par toutes ces actions d’éducation et de sensibilisation mises en place, mais aussi par le fait de ne pas inviter d’intervenant·es dans des activités des associations qui auraient des propos discriminatoires, ou « limites ».
Nous avons beaucoup échangé sur les alliances possibles entre monde associatif et militantisme (quelles alliances et avec qui) mais aussi sur l’articulation entre « lutter contre » et « lutter pour ». Nous avons été surpris par l’utilisation de l’expression « anti-fasciste » qui est bien plus présente et rassemble d’avantage en Belgique qu’en France.
| A propos de l’éducation permanente en Belgique En Belgique, l’éducation permanente est institutionnalisée dans les politiques publiques, par trois décrets principaux qui la reconnaissent d’« utilité publique » et définissent son action : – Décret de 1976 (8 avril), nommé « Décret fixant les conditions de reconnaissance et d’octroi de subventions aux organisations d’éducation permanente des adultes en général et aux organisations de promotion socio-culturelle des travailleurs » : reconnaît l’utilité publique d’une libre critique associative de l’ordre établi, porteuse d’émancipation, et le financement des associations qui mettront en œuvre des programmes participatifs d’éducation permanente des adultes – Décret de 2003 complète celui de 1976 en établissant des critères pour définir le secteur de l’éducation permanente. L’action des associations d’éducation permanente doit se structurer autour de quatre axes: un axe d’animation, un axe de formation, un axe d’analyse et productions de ressources et enfin un axe de campagne d’information, de sensibilisation. Ce sont ces axes qui définissent les subsides (subventions) que peuvent avoir les associations. Ce décret a été décrié justement pour cette approche très économique, qui s’éloigne de l’intention première de reconnaissance générale de l’utilité publique de l’éducation permanente. – Décret de 2018, apporte des modifications à celui de 2003, dans le but de l’axer d’avantage sur le développement de l’action associative « visant l’analyse critique de la société, la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active et l’exercice des droits civils et politiques, sociaux, économiques, culturels et environnementaux dans une perspective d’émancipation individuelle et collective des publics en privilégiant la participation active des publics visés et l’expression culturelle. » (Art 1) Un article qui reprend l’historique et les informations clés à ce propos : https://ligue-enseignement.be/linstitutionnalisation-de-leducation-permanente-dans-les-politiques-publiques#_ftnref4 |
L’action éducative est donc essentielle au cordon sanitaire, point que nous avons abordé le lendemain avec Christian Laval. Nous avons échangé sur les liens entre néo-libéralisme et extrêmes droites, et la manière dont le néo-liberalisme pourrait être à l’origine des montées réactionnaires anti-démocratiques actuelles, ce qui nous a mené à la question cruciale de l’école et de l’éducation. En effet l’école peut servir à former des citoyen·nes éclairé·es, ou bien à produire des membres d’une communautés nationale. Ainsi nous avons échangé autour de la doctrine néo-libérale à propos de l’école, elle relève d’une logique de marchandisation de l’éducation, qui fait de l’école une entreprise, des élèves du capital humain et des professeurs des entrepreneurs. Cette logique délétère organise en partie un binarisation hermétique entre temps de travail scolaire et temps de loisir, tout le contraire de la logique de l’éducation populaire.
Dans son livre Éducation Démocratique, écrit avec Francis Vergne, Christian Laval dégage des principes et des actions concrètes pour une éducation démocratique.
Ces éléments raisonnent avec nos pratiques pédagogiques et la nécessité de réaffirmer nos rôles et nos savoirs faire de mouvements d’éducation populaire et d’éducation nouvelle dans la lutte contre la montée des idées d’extrêmes droites.


Pour conclure toutes ces rencontres, Ivo Flachet, juriste et responsable au Parti des Travailleurs Belges de la lutte contre l’extrême droite, nous a présenté la démarche en cours autour de la coalition du 8 mai. Cette coalition milite pour que le 8 mai, jour de la défaite de l’Allemagne nazie, redevienne un jour férié en Belgique, avec pour idée principale : « Faisons à nouveau du 8 mai un jour férié, pour nous souvenir et pour rester en alerte »
Cela a été l’occasion de nouveau de nous questionner sur les alliances, les partis politiques n’étant pas invités dans cette coalition, mais aussi d’aborder les stratégies de communications avec de nombreuses questions, comme par exemple vaut-il mieux déserter les réseaux sociaux possédés par des milliardaires ou au contraire les envahir ?

Nous avons pu mettre en perspective cette initiative avec les démarches collectives en cours au sein de nos mouvements.
Cette semaine de mobilité vient donc directement nourrir les réflexions au sein des Ceméa, mais aussi au sein du groupe du Cnajep sur les stratégies à mettre en place en tant que structure d’éducation populaire et d’éducation nouvelle, pour lutter contre la montée des extrêmes droites. Encore un grand merci aux Ceméa Belges pour leur accueil, le programme d’une très grande richesse, ainsi qu’à toutes les personnes rencontrées pour les échanges.

